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Pratiquants

Les volumes de pratiquants, leurs modalités de pratique, leurs profils sociodémographiques, leurs motivations et attentes, tout comme les caractéristiques des non-pratiquants, sont autant d’informations utiles pour conduire des projets de développement maîtrisé des sports de nature.

L’objectif du ministère des Sports et de ses partenaires est de contribuer à rendre les activités sportives de nature ou activités outdoor accessibles au plus grand nombre. C’est la raison pour laquelle le Pôle ressources national sports de nature (PRNSN), conduit et participe à des travaux d’observation, accompagne les acteurs du développement maîtrisé des sports de nature dans leurs démarches d’observation, diffuse des données d’observation.

Connaître les pratiquants

Selon le Baromètre national des pratiques sportives 2018, 28,8 millions Français de plus de 15 ans déclarent pratiquer un sport outdoor en 2018, c’est-à-dire une activité de déplacement dans un milieu aléatoire, plus ou moins naturel, plus ou moins aménagé, et soumis aux conditions météorologiques. Cette mesure s’appuie sur soixante-deux activités considérées par le PRNSN comme des sports et loisirs outdoor, parmi l’ensemble des activités déclarées par les répondants.
Pour répondre à l’objectif gouvernemental d’accroître drastiquement le nombre de pratiquants sportifs (tous sports confondus), il est nécessaire de se doter d’outils d’observation des pratiquants et de leurs pratiques, tant pour développer une offre adaptée que pour mesurer les effets de la politique publique en faveur du sport pour le plus grand nombre.

Disposer d’informations précises sur les pratiquants et leurs pratiques des sports et loisirs de nature

Depuis 2016, le PRNSN publie annuellement chiffres clefs des sports de nature et suit en particulier l’évolution des volumes de licences des fédérations de sports de nature.

En 2016, un Baromètre des sports et loisirs de nature a été mis en œuvre par le PRNSN en partenariat avec la Fédération française des industries du sport et des loisirs (Fifas) et le Laboratoire sur les vulnérabilités et l’innovation dans le sport (L-VIS) de l’Université de Lyon. Cet outil a permis de récolter un jeu de réponses - parmi celles de 4 014 répondants - dans le champ précis des sports et loisirs de nature, car la France était alors dépourvue d’un baromètre de l’activité sportive. Les données issues des enquêtes nationales sur la Pratique sportive des Français (2003 et 2010), datées, n’offrent pas une vision actuelle des sports de nature. De nombreuses données existaient néanmoins, mais elles étaient partielles, parfois difficilement exploitables et certaines n’étaient pas publiques. De plus, il était nécessaire de rendre les données françaises comparables avec celles issues de travaux d’observation européens tels que l’Eurobaromètre spécial sport ou l’enquête Active People Survey (Royaume Uni).
Une exploitation des données du Baromètre des sports et loisirs de nature 2016 est restituée dans des focus pratiquants par activité, publiées en ligne.

Un nouvel outil pour affiner et orienter la politique sportive de la France

C’est dorénavant le Baromètre national des pratiques sportives – lancé en 2018 par le ministère des Sports en association avec l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) - qui fera référence en la matière. Ce nouvel outil permettra de disposer d’informations précises (mises à jour tous les deux ans) pour suivre l’évolution des pratiques sportives des français et appréhender les motivations comme les freins à leur pratique. Le PRNSN participe au comité de pilotage de ce baromètre qui s’inscrit dans la lignée du Baromètre sports et loisirs de nature 2016. La mise à disposition des données sur data.gouv.fr (plateforme ouverte des données publiques françaises) permet d’envisager des analyses sectorielles, comme évoqué dans l’article intitulé Les sports de nature pour stimuler la pratique sportive.

Le cas particulier des sports de nature de niche

Parmi les sports de nature déclarés dans le Baromètre national des pratiques sportives, un tiers d’entre eux mobilisent trop peu de pratiquants pour que le nombre de répondants permette d’extrapoler les résultats et assurer des croisements avec d’autres variables. Lors de sondages en population générale, réalisés à partir d’échantillons représentatifs de la population française d’environ 4 000 répondants, le nombre de réponses pour certaines disciplines peut n’être que de l’ordre d’une vingtaine. Ces activités confidentielles, où la population mère est inconnue, doit dès lors s’appréhender par des enquêtes spécifiques réunissant un minimum de 500 répondants.
Une solution consiste à étudier les pratiquants in situ. Au cas particulier des pratiques encadrées, il peut s’agir d’une « enquête clientèle », conduite en partenariat étroit avec les moniteurs. C’est ce qu’ont fait la Fédération française de spéléologie et le Syndicat national des moniteurs de spéléologie et de canyonisme et le PRNSN, en menant une enquête auprès de la clientèle des professionnels de la spéléologie.

Sports de nature, outdoor ou les deux ?

L’article L311-1 du Code du sport désigne sous le terme de sports de nature les activités physiques et sportives en milieu naturel : « Les sports de nature s'exercent dans des espaces ou sur des sites et itinéraires qui peuvent comprendre des voies, des terrains et des souterrains du domaine public ou privé des collectivités publiques ou appartenant à des propriétaires privés, ainsi que des cours d'eau domaniaux ou non domaniaux ». Les sports de nature réfèrent à un milieu de pratique : ils « s’exercent en milieu naturel, agricole et forestier – terrestre, aquatique ou aérien – aménagé ou non » (instruction n° 04-131 JS du 12 août 2004).

Cette définition française, si elle fonde l’intervention de pouvoirs publics et en particulier, localement, la compétence du conseil départemental en matière de plan départemental des espaces, sites et itinéraires relatifs aux sports de nature (Pdesi), n’a pas son équivalent à l’étranger. La concentration de la population française en zones urbaines, la mise en œuvre d’activités dans des espaces artificiels, la porosité entre des activités sportives, de loisirs ou utilitaires amènent à adopter, également, une segmentation des activités par les conditions de pratique plutôt que par les lieux de pratique.

L’outdoor (en extérieur, en plein air) prend alors le pas sur les sports de nature (dans la nature, y compris aménagée). Cet anglicisme, qui présente l’avantage d’être d’ores et déjà d’usage courant en Europe, recouvre néanmoins des acceptions différentes selon les pays.

Accompagner les acteurs dans leurs démarches d’observation

Le développement des pratiques informelles hors structures fédérales, la difficulté pour ces dernières à répondre de façon homogène à la variété de la demande de pratique, le fort développement du secteur marchand privé, viennent questionner les motivations et le sens de l’adhésion à un club sportif ou une structure fédérale. La tendance est aujourd’hui de développer des approches selon une logique de service ; la licence devient un produit comme les autres, rattaché à un ou plusieurs services que l’usager estime être en droit d’attendre compte tenu de sa participation financière. Dès lors, la connaissance des attentes des licenciés passés ou actuels comme des non licenciés, en matière de services en lien avec l’offre sportive, constitue un préalable à la définition des plans fédéraux et des stratégies d’évolution des titres d’adhésion.

Dans le cadre de sa participation à la politique de développement maîtrisé des sports de nature auprès de fédérations sportives auxquelles le ministère des Sports a confié une partie de ses pouvoirs, le PRNSN a accompagné la Fédération française de spéléologie dans la réalisation d’une enquête sur ses anciens licenciés et la Fédération française de randonnée pédestre sur ses licenciés et anciens licenciés. Le PRNSN participe aussi aux travaux du groupe expert de la Fédération française de canoë-kayak et des sports de pagaie concernant la rénovation de sa politique licence et adhésion.