Les sports outdoor pour stimuler la pratique sportive

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En 2018, 66 % des Français de plus de 15 ans (soit un peu plus de 36 millions) ont pratiqué une activité sportive au cours des douze derniers mois si l’on se réfère au Baromètre national des pratiques sportives mis en place par l’Institut national de la Jeunesse et de l’Éducation populaire (Injep) et le ministère des Sports [1]. Au regard des résultats de cette enquête inédite, le Pôle ressources national sports de nature (PRNSN) s’est interrogé sur la place des sports outdoor dans la pratique sportive des Français.

Identifier les « sports outdoor » dans l’ensemble des activités physiques ou sportives

« Au cours des douze derniers mois, parmi les activités suivantes, lesquelles avez-vous pratiquées (hors obligations à l’école ou au travail), au moins une fois ? » était une des questions posées aux 4 061 individus interrogés sur l’ensemble du territoire national, c’est-à-dire en France métropolitaine et dans les départements et régions d’outre-mer. Un choix parmi plus de cent activités différentes, regroupées en seize grandes familles, était proposé aux répondants métropolitain et d’Outre-mer ; neuf familles représentent des « sports outdoor ».

Le vocable « sport outdoor » a été préféré à celui de « sport de nature » car il inclut des activités qui correspondent à de nouvelles formes de pratiques se développant – en particulier - en milieu urbanisé. D’ailleurs, le Baromètre national des pratiques sportives 2018 corrobore cette perception en apportant des éléments sur l’envie des Français de pratiquer une activité physique en dehors d’équipements sportifs dédiés.

La plupart des Français font du sport de préférence en plein air

Les auteurs du rapport soulignent que « Le cadre de prédilection pour faire du sport, pour l’activité principale, est le plein air ou « outdoor ». 47 % des Français pratiquent en plein air, dont 36 % en milieu naturel et 11 % en plein air en ville. 29 % d’entre eux pratiquent principalement dans une installation sportive et 18 % font du sport ou de l’activité physique à la maison ». Ces chiffres sont à moduler en fonction des catégories d’âges des pratiquants. « Les jeunes optent en majorité pour une pratique dans une installation sportive (stade, gymnase, piscine, centre de fitness…), sur le lieu de travail ou encore à domicile, les 40-59 ans et les jeunes seniors (60-69 ans) montrent une prédilection pour les sports pratiqués en milieu naturel (respectivement 40 % et 50 %, contre 36 % en moyenne) ».

Ces différences pour la France, entre jeunes et moins jeunes, confirment celles précédemment identifiées pour les pratiquants européens dans l’Eurobaromètre spécial Sport et activité physique, n° 472 [2].

Notons que parmi les huit activités physiques et sportives les plus pratiquées, les activités outdoor réunissent plus de pratiquants que celles dites « indoor ».

La randonnée pédestre et le vélo tout-terrain sont les activités le plus souvent pratiquées en milieu naturel (respectivement 73 % et 78 %). Les adeptes du vélo de route et de la course à pied pratiquent majoritairement en milieu naturel (29 %), mais ils s’adonnent à ces activités également en plein air, en milieu urbain (22 %).

Les volumes de pratiquants par famille de « sport outdoor »

Malgré l’éventail de disciplines sportives pratiquées, l’outdoor présente les plus importants volumes de pratiquants en France, à commencer par l’univers des activités pédestres, de loin le plus prisé (cf. graphique suivant). 40 % des Français déclarent avoir pratiqué l’une des activités suivantes : la randonnée pédestre, la marche nordique, la marche athlétique, ou la course à pied (allant du footing de détente à l’ultra-trail). Les sports nautiques et aquatiques arrivent en troisième position. Cette famille comprend la natation (pratiquée le plus souvent dans un équipement fermé) qui à elle seule mobilise un français sur six (17 % des Français) et les autres activités pratiquées en majorité à l’extérieur, telles que le canoë-kayak, la voile, la plongée. Les sports de cycle ou motorisés sont pratiqués par 18 % des Français, les sports d’hiver ou de montagne arrivent en 7e position, 8 % des Français déclarant les pratiquer, devant les sports combinés (6 %), les sports urbains (4 %), les activités verticales (3 %), l’équitation (3 %) et les sports aériens (2 %).

Toutefois, cette vision « macroscopique », par famille d’activités, masque les écarts importants en matière de taux de pratique entre les activités au sein d’une même famille

L’univers pédestre : la randonnée et la course à pied activités « préférées » des Français

23 % des personnes interrogées déclarent pratiquer la randonnée pédestre et 16 % la course à pied, soit environ 12,7 millions de randonneurs et 8,8 millions de coureurs. De plus, si la marche nordique est appréciée par - seulement - 3,8 % des Français en 2018, le nombre de pratiquants de cette activité a été multiplié par dix au cours de la dernière décennie [3]. La proportion de pratiquants de marche athlétique, discipline olympique (3,7 %) peut surprendre, en effet cette proportion peut être surestimée compte tenu du biais introduit par la confusion entre « marche athlétique » et « marche active ou rapide ». Le trail mobilise 800 000 pratiquants en France, quant à la course d’orientation, elle reste une activité discrète dans l’univers des activités pédestres.

L’univers nautique et aquatique : la natation occupe une place de choix

La présence de la natation dans la catégorie des sports outdoor peut surprendre car elle est le plus souvent pratiquée dans des bassins en intérieur. Néanmoins, 11 % des nageurs indiquent nager en milieu naturel, ce qui représente un volume de « nageurs en eaux libre » d’environ 1 200 000 pratiquants.

Outre la natation en milieu naturel, les autres disciplines nautiques et aquatiques présentent un petit volume dans le paysage sportif global. La nage avec palme, le canoë-kayak, la plongée libre, la plongée sous-marine, la voile, la nage en eau vive, le surf et le stand-up paddle plafonnent chacun à moins d’un million de pratiquants. La pêche sportive, le rafting, le longe côte, le ski nautique, l’aviron et le kite surf sont des activités de niche, car elles concernent chacune moins de 500 000 pratiquants.

L’univers du cycle : plutôt non motorisé

Les sports de cycle ont la faveur des Français : 10 % pratiquent le vélo sur route ou le cyclotourisme et à peine moins (8 %) le vélo tout-terrain. Le vélo de route mobilise environ 5,5 millions de pratiquants de plus de 15 ans et le vélo tout-terrain un peu plus de 4 millions. Le motonautisme, le jet ski, la motoneige sont des activités plutôt confidentielles.

Les activités outdoor : incontournables pour augmenter le nombre de pratiquants ?

Lors des vœux 2019, la ministre des Sports soulignait qu’avec 36 millions de pratiquants, la France était un pays encore trop enclin à préférer « regarder le sport plutôt qu’à le pratiquer », et que le cap fixé par le Président de la République d’accroître de 3 millions le nombre de pratiquants d’ici 2022 est un objectif à poursuivre. Le Baromètre national des pratiques sportives 2018 apporte des informations qui confirment que les sports outdoor constituent un puissant levier d’action pour atteindre l’objectif gouvernemental. Un peu plus d’un Français sur deux (52,7 %) pratique un sport outdoor, soit environ 28,8 millions de personnes.

Interrogées sur les deux principales raisons de leur absence de pratique sportive, 30 % des personnes qui ne pratiquent pas de sport indiquent qu’elles n’aiment pas le sport, 25 % déclarent des problèmes de santé et 11 % des contraintes professionnelles ou familiales. Néanmoins, parmi les 18 millions de personnes qui ne pratiquent pas de sport ou d’activité physique, l’envie de commencer à pratiquer ou de pratiquer de nouveau une activité physique et sportive est tout de même présente pour 20 % d’entre elles. Ces personnes aimeraient entamer une activité sportive au cours des douze prochains mois, parmi lesquelles les activités de la forme et de la gymnastique (27 %), les sports aquatiques et nautiques (18 %) ou la course à pied et la marche (15 %). L’univers des activités pédestre attire les personnes qui ne pratiquent pas d’activité physique : 2 700 000 de non-pratiquants seraient tentés par une activité pédestre.

Les personnes en moins bonne santé sont attirées par les sports outdoor

L’état de santé d’une personne influe sur sa capacité d’exercer un sport. Les personnes en situation de handicap ou atteintes d’une maladie chronique, celles dont la mobilité est limitée par un problème de santé ou encore celles jugeant leur propre état de santé très mauvais ou mauvais pratiquent moins souvent une activité physique et sportive que celles en bonne santé. La proportion de non-pratiquants est systématiquement plus élevée dans ces catégories. Par exemple, 20 % des personnes jugeant leur état personnel « très bon » ne font pas de sport, contre 75 % considérant leur état de santé personnel comme « très mauvais ». Attirer des non-pratiquants vers l’activité physique ou maintenir dans l’activité des pratiquants qui se déclarent en « mauvais état de santé » est un axe d’intervention des politiques publiques de sport ou de santé depuis plusieurs années. Le vieillissement de la population française laisse envisager un accroissement de ce type de public au cours des prochaines années. Il semble donc nécessaire d’inscrire ces politiques publiques dans la durée. Notons par ailleurs que la Stratégie nationale Sport Santé 2019-2024 vise à améliorer l’état de santé de la population en favorisant la pratique des activités physiques et sportives avec ou sans pathologie, à tous les moments de la vie.

Promouvoir les activités outdoor pour encourager l’écomobilité ?

Parmi les cinq activités les plus pratiquées par les Français à titre principal, trois sont des sports outdoor à titre principal (randonnée pédestre, course à pied, vélo) et une pour partie (nage/natation à travers la nage en eaux libres). Ce succès pourrait s’expliquer par le fait que nos concitoyens ne souhaitent pas que leur activité sportive s’avère trop contraignante. Pour seulement 12 % des enquêtés le sport est avant tout une activité qui se pratique soit en couple soit en famille, ce qui implique une synchronisation des emplois du temps, des contraintes personnelles des uns et des autres, ainsi que des envies respectives de faire du sport. Les pratiques s’effectuant dans un cadre institutionnel ou associatif où le type d’entraînement, la durée ou encore la temporalité (le jour et l’heure) sont souvent contraints, sont moins recherchées.

Seuls 24 % des pratiquants font du sport dans un club ou une association et 8 % dans une structure commerciale alors que 61 % optent pour une pratique plus autonome offrant probablement une plus grande flexibilité. Elle permet en outre de pratiquer sans pression du regard de l’autre, ou avec un rythme plus personnalisé. La pratique autonome est très majoritaire pour la natation, le vélo tout-terrain, la course à pied, le vélo sur route ou la randonnée (de 79 % à 89 %), c’est une des raisons du succès de ces activités. Dès lors, et au vu de l’intérêt des non-pratiquants pour ces pratiques, de l’appétence des générations vieillissantes pour marcher, nager, rouler ou randonner, mais également de la place que peuvent occuper ces activités dans les politiques de santé, de sport pour le plus grand nombre tout comme de mobilité (trajets domicile travail), il apparaît pertinent d’accompagner le développement des activités outdoor.

En savoir plus

Rubrique Pratiquants : www.sportsdenature.gouv.fr (rubrique Agir > Pratiquants)

Notes

[1]L’Injep en restitue les premiers résultats dans deux publications : Le Baromètre national des pratiques sportives 2018, dans la collection INJEP Notes & rapports, et un INJEP analyses & synthèses intitulé La santé et le bien-être, premiers ressorts des pratiques sportives. Fruits d’une collaboration avec le Crédoc, ces deux outils visent à nourrir les acteurs publics d’informations précises pour suivre l’évolution des pratiques sportives des Français. Cette enquête sera reconduite tous les deux ans afin de guider les acteurs dans la conduite et l’évaluation des politiques publiques menées dans ce domaine. Ce baromètre s’insère à cet égard dans la politique ministérielle de développement du sport pour tous, notamment en direction des personnes les plus éloignées de la pratique sportive.

[2]Eurobaromètre spécial Sport et activité physique, n° 472. Commission européenne, 2017

[3]Les principales activités physiques et sportives pratiquées en France en 2010. Ministère chargé des Sports, 2011. Stat-info, n° 11-02

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